Le livre de la vie dans une communauté de vie - no. 142, juin 2001

par Diane Willey
Diane Willey, NDS, a été directrice adjointe du Centre canadien d'oecuménisme et coordonnatrice du département interreligieux du Centre.

Lorsque les médias opposent « miracles de la science » et « dilemmes éthiques », lorsqu'ils nous parlent de la logique douteuse qui « pave la voie à l'euthanasie », et des découvertes qui permettent de lire le livre de la vie, ils traduisent les sentiments confus qui nous envahissent après l'euphorie initiale provoquée par des événements comme, par exemple, le clonage de la brebis Dolly, ou les possibilités étonnantes des cellules souches pluripotentes, ou bien les horizons nouveaux dans la transplantation d'organes ou encore le séquençage de l'ADN dans le génome humain aussi appelé le livre de la vie.

Après l'euphorie vient le temps de faire face aux conséquences de ces avancées scientifiques. Quelles promesses renferment-elles pour une meilleure qualité de vie - et de mort - pour les générations futures partout dans le monde ? Que peuvent-elles nous apporter en termes de soulagement de la souffrance, ou de diagnostic, de prévention et de traitement de maladies qui font encore tant de victimes ? Quelles merveilleuses technologies de reproduction pourraient être un avantage, et non une menace, pour les enfants de nos enfants ? Il y a dans tout cela un sentiment et peut-être une crainte des limites humaines, en termes de frontières qu'on ne peut franchir de façon responsable, du moins pas pour le moment.

Le présent numéro d'Oecuménisme s'aventure dans l'arène des aspects éthiques de quelques-uns des développements actuels dans la pratique médicale et la recherche génétique. Il fait appel aux diverses ressources de la foi. Les perspectives autochtone, juive, chrétienne, musulmane, hindoue, bouddhiste et sikhe y sont présentées. Quelques-uns des auteurs s'attachent à un problème particulier, tel le suicide assisté ou le don et transplantation d'organes, ou encore des questions éthiques relatives aux traditions médicales autochtones. D'autres offrent une piste de réflexion sur certains problèmes bioéthiques comme ceux qui touchent à la vie dans l'utérus.

Cette manière de traiter de ces questions pourrait être critiquée pour sa focalisation sur la seule vie humaine. Cette allégation a été faite à propos de presque toutes les grandes religions quant à leur façon d'aborder le livre de la vie qui vient de nous être ouvert. Cela suppose aussi qu'on ne peut attendre davantage de religions dont les positions se fondent sur des Écritures sacrées qui sont elles-même anthropocentriques. Que vaut cette critique ?

Il devient de plus en plus difficile d'extraire les questions bioéthiques de leur contexte dans l'ordre de l'univers, là où les préoccupations écologiques ont une voix et où la foi devrait aussi avoir la sienne. Par conséquent, je suggère de lire ce numéro d'Oecuménisme en complément du numéro de juin 1999 sur le thème « Mythes de création et écologie contemporaine ». Dans ce dernier, nous avons présenté les diverses façons de définir les attitudes humaines concernant la terre que nous habitons et tout ce qu'elle contient : exercer la responsabilité et la gérance avec soin et compassion, ne pas faire de tort, reconnaître la nature comme un gourou ( maître ) sont autant de chemins de conversion d'une « hiérarchie de l'être en une communauté de vie ».

En portant un regard de foi sur ces questions, nous affirmons aussi que l'accès au livre de la vie exige l'engagement dans la communauté de vie.

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