Gardiens de la Création - no. 159, septembre 2005

by Stuart E. Brown
Stuart Brown est le directeur général du Centre Canadien d'oecuménisme. Il a travaillé en Afrique comme au Canada dans les relations interreligieuses pendant plusiers années. Il est l'auteur de The Nearest in Affection.

Quelles que soient nos croyances, nous habitons tous la même planète, volant dans l'espace d'un même univers. Des étoiles étincelantes dans les cieux lointains jusqu'aux tout petites bestioles qui rampent sur la sol de notre terre, ou même à l'intérieur des plus grands, comme nous autres, les êtres humains, tout cela a fasciné et inspiré des générations depuis les temps avant l'aube de l'histoire humaine. Il y des gens qui croient que tout cet univers s'est produit par hasard, ou par une série de coïncidences, tandis que beaucoup de gens insistent que notre monde est le produit d'un dessein délibéré, du projet d'un créateur, et que les hasards apparents ne sont que, si je peux emprunter une phrase de Lucie Vanier-Vincent, des « coïnci-Dieux ».

Plusieurs communautés de foi regardent la race humaine comme les gardiens de la création. En prétendant que les humains représentent en quelque sorte l'apogée de la création : « de peu inférieur à Dieu », dit le Psaume 8, tandis que le Qur'ân parle de l'humanité comme les vice-gérants de Dieu (Q 2 : 30 etc.) Cette reconnaissance peut justifier une attitude de propriétaire, ou au moins d'agent de Dieu, chez les gens qui veulent développer les ressources de la terre (et des cieux, avec la technologie aérospatiale), et nous nous rappelons de la parabole de Jésus qui semble condamner le serviteur qui n'a rien fait avec l'argent qui lui était confié (Mt 25 : 26). Mais l'autorité s'accompagne avec la responsabilité, et l'extinction des espèces à cause de nos abus ou de notre négligence risque de nous apporter un jugement dur, en tant que sociétés et en tant qu'individus qui n'avons pas toujours fait les bons choix.

Dans ce numéro, nous vous offrons un petit paquet de réflexions sur ce thème de gardiens de la création, en commençant avec les pensées de Brian Deer de la communauté iroquoise sur la grande condoléance qui marque la reprise de responsabilité après un deuil, et de Manjit Singh, professeur à l'université McGill et président actuel du Conseil Interreligieux de Montréal, qui nous parle de l'éthique chez sa communauté sikhe. Ensuite, il y a les articles sur les concepts de justice et éthique de la Bible hébraïque par Pierre Toth, et sur le rapport que pose l'islam entre l'écologie et l'économie, par Abdarahmane Sakho, participant chevronné au dialogue entre musulmans et chrétiens, qui a vécu longtemps dans deux environnements très différents, en Mauritanie et au Québec.

Frank Giffen, pasteur de l'Église Unie du Canada, raconte l'expérience de sa paroisse avec le document d'étude préparé pour aider les adeptes de cette confession à mieux comprendre leurs voisins musulmans. Notre dernier article, tout en étant un supplément à notre numéro de mars-juin sur la mission, n'est pas sans ses propres dimensions d'écologie et de responsabilité, car il présente les réflexions missiologiques de Mgr Larry Robertson, évêque anglican résidant à Inuvik dans le Grand Nord du Canada.

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